Après que la révolte du clan des lions a été écrasée dans l’œuf et le sang, un nouveau triumvirat est à la tête du royaume félin d’Angléon : Mérédion, le tout jeune roi tigre, son ombre Terys, le lion idéaliste, et This, le virtuose de l’épée au passé trouble. Ils ont en commun leur très grande jeunesse. Mais cela sera-t-il suffisant pour maintenir leur pouvoir sur le royaume, un pouvoir tout aussi jeune qu’eux ?
Ce quatrième tome du cycle d’Angléon se penche sur une thématique riche et actuelle : la jeunesse confrontée aux archaïsmes d’un système politique rigide. L’arrivée de Mérédion sur le trône, accompagné de Terys (devenu conseiller à la place de Sameus) et This, pose les bases d’un renouvellement que les anciens acceptent avec méfiance. Si le scénario explore cette dynamique, il se renforce aussi dans ses nombreuses intrigues secondaires :
- La fuite d’Astrelia ;
- Sa recherche par Lilyn d’un côté et Killig de l’autre ;
- L’évasion des 4 ambassadeurs ;
- Le destin du lâche Goromio ;
- Le secret de Blasserius.
Bien que l’on ait parfois le sentiment que les personnages secondaires, malgré leur potentiel, n’ont pas tout à fait l’espace nécessaire pour briller.
Le conseil est comme un petit enfant, si je ne lui laisse pas un jouet pour l’occuper, il va bouder, se sentir inutile et essayer d’exister par d’autres moyens.
Mérédion
Côté visuel, le travail graphique reste à la hauteur des précédents tomes. Les personnages sont finement caractérisés, et les scènes de cour ou de combat bénéficient d’un soin particulier. Le souci du détail, y compris dans les décors et les costumes nous immerge totalement dans l’univers d’Angléon, et c’est bien là que réside la force de la série.
Contrairement aux tomes précédents, celui-ci propose une ambiance plus paisible et positive. Si cela traduit la volonté de montrer un royaume en convalescence, cette sérénité relative peut surprendre. Les fans des premières intrigues sanglantes et du climat tendu risquent de trouver ce tome légèrement en retrait. Mais cela ouvre une autre perspective : celle de l’instabilité qui couve sous une surface apaisée. Ladite instabilité proviendra sans doute des étudiants d’Angléons, qui nous sont introduits dans ce tome et chez qui la révolte gronde.
L’on retiendra donc le thème fort de la jeunesse dans cet opus, entre les nouveaux régnants, les étudiants, mais également les cadets de la Garde fraichement promus.