Dix ans plus tard…
10 ans se sont écoulés depuis la Guerre des Sith. 10 ans qu’Exar Kun a mis la Galaxie à genoux avant d’être vaincu, que la planète Ossus a été dévastée, et que le preux chevalier Ulic Qel-Droma chuta dans le côté obscur.

Depuis, ce dernier est devenu un vagabond, errant sans véritable but depuis qu’il est isolé de la Force. Nomi Sunrider, de son côté, a passé une decennie à réorganiser l’ordre Jedi et stabiliser la République Galactique.
Et tandis que cette dernière convoque un grand conclave, rassemblant nombre de Jedi sur la station minière d’Exis, sa fille Vima ne rêve que de devenir un jour une grande Jedi, à son tour… Délaissée par sa mère, elle envisage un projet fou : retrouver le légendaire Ulic Qel-Droma, et apprendre auprés de lui…
Comme je le supposais dans ma critique du tome précédent, ce dernier épisode de la série « La Légende des Jedi » est bel et bien un long épilogue qui, s’il n’évite pas quelques raccourcis scénaristiques, évite la facilité. Et sans être vraiment nécessaire à l’ensemble du récit, il continue de nous faire voyager dans la galaxie Star Wars aux côtés de la jeune Vima Sunrider : de Yavin 4 à Cathar, de Ryloth à Exis, et bien sûr la planète Rhen Var, ultime demeure d’Ulic Qel-Droma. Une planète qui se trouve être paradoxalement proche de la planète morte Ossus nous apprend l’atlas.
En 10 ans, les personnages que nous connaissions ont vieillit et ont commencé à céder la place à une nouvelle génération. Nous retrouvons ainsi avec un certain plaisir un Tott Doneeta plus agé, une Nomi Sunrider un peu irritante aux milieux de ses errements, et une Sylvar dévorée par le désir de venger la mort de son compagnon tué par Ulic. Notons d’ailleurs que ce dernier point (qui fait l’objet de l’un des arcs scénaristiques de l’album) est très étonnant venant d’une chevalier Jedi, car elle ne s’en cache absolument pas1.
Vima & Ulic
Le personnage central de ce sixième tome est bien sûr Vima Sunrider, jeune adolescente insouciante, appelée par son destin de Jedi. Tête brulée et parfois un brin agaçante, elle n’est en pas moins touchante et attachante. Sa relation avec Ulic Qel-Droma sera bien sûr au coeur du récit. Et si la manière dont elle le retrouve est beaucoup trop facile, la suite de leurs interactions, le lien qu’ils établissent, puis la relation qu’ils nouent, sont très justement racontés.

Pierre angulaire de la saga (à partir du tome 3), Ulic Qel-Droma nous est dépeint ici en vagabon pétri de regrets et de remords… Coupé de la Force, il erre dans la galaxie sans véritable but, taciturne et sombre, tout en gardant un charadesign bien badass et qui en impose. La relation père/fils qu’il noue avec Vima est une bonne surprise de cette fin de série, et le devenir ultime de son destin de Jedi déchu ne laissera probablement pas le lecteur indifférent.
Il n’y a pas de réponse simple, mon fils. La vie n’est pas simple.
Proposé dans un format chapitré (avec titres), le récit est mélancolique, presque fataliste tout en touchant à la poésie. Une ambiance qui m’a furieusement fait penser aux meilleurs tome de la Geste des Chevaliers Dragons (excellente série franco-belge qui n’a pourtant rien à voir).
Les dessins de Gossett, pourtant déjà à l’œuvre sur les tomes précédents, tranchent radicalement ! Somptueux et pourtant plutôt stylisés, voire minimalistes, ils rendent surtout une impression de maturité. Plus adultes, plus nerveux, il nous propose plusieurs tableaux notables, parfois en double page, ainsi que de nombreuses cases muettes qui participent largement à l’ambiance réussie de cet album.
Une ambiance de solitude, dans laquelle les personnages tentent de se dépétrer de leurs passés, chargés de regrets (pour Sylvar) ou de remords (pour Ulic). Tandis que la culpabilité de ses dernier est au coeur du récit, Vima incarne néanmoins l’espoir d’un futur plus lumineux.
En bref, un récit qui est un petit coup de cœur pour moi, même s’il n’est pas exempt de défauts.
Récit bonus !
Le dernier récit de l’album est en fait un issue totalement indépendant. Et même si l’on y suit un nouveau membre de la famille Qel-Droma en la personne de Duron, nous somme ici dans une nouvelle histoire qui sert d’ailleurs de préambule au jeu « Knight of the Old Republic » évoqué plus haut.
Plutôt sympathique (quoique trés courte), elle contient toutefois à mon sens plusieurs incohérences avec le reste de la série LdJ :
- Les Jedi seraient sensés rester célibataires (or cela contredit la famille Sunrider) ;
- Naga Saddow aurait un tombeau sur Korriban (alors qu’il a fini sa vie sur Yavin 4) ;
- Korriban dispose d’une académie Sith (là, je ne comprend pas du tout) ?!
Néanmoins, le récit parvient a être touchant, et reste ainsi dans la veine de l’ensemble de l’album.
- Etonnant également d’avoir gardé une telle rancœur pendant 10 ans sans avoir véritablement cherché à retrouver Qel-Droma jusqu’à présent. Etonnant, enfin, car c’est en réalité Exar Kun qui a conduit Crado à la mort, et non Ulic.[↑]