White Sand #3 : Une conclusion en sables mouvants

Kenton, improbable rescapé du diem des Maîtres du Sable, poursuit sa quête désespérée : obtenir l’unanimité des votes du conseil des Taïshins pour sauver sa congrégation. Pour cela, il devra s’attirer les faveurs du Seigneur Amiral (un alcoolique notoire), et retrouver le Seigneur Général disparu (farouche opposant des Mastrells… et père de son ami Aarik).

Pendant ce temps, la duchesse Kriss affronte les dissensions internes à son expédition scientifique et poursuit ses recherches sur la magie du sable. Après la disparition du mystérieux Baon, c’est vers son défunt fiancé qu’elle tourne désormais ses interrogations.

Si cet ultime tome parvient à éviter le naufrage total, il reste prisonnier des mêmes lourdeurs que ses prédécesseurs. La quête de Kenton s’enlise dans un schéma répétitif, où chaque tentative de rallier un Taïshin à sa cause se traduit dans une mécanique sans relief. L’affrontement final avec Drile, pourtant annoncé comme une menace constante, s’avère anecdotique et dénué d’impact dramatique (ledit Drile n’étant jamais caractérisé…).

L’univers qui semble pourtant dense donne l’impression d’être à peine effleuré : des éléments-clés comme les Kertziens, le « côté obscur » du monde ou encore les religions évoquées demeurent largement sous-exploités, renforçant la sensation d’une saga avortée (on y reviendra). Le flou persistant autour du fonctionnement de la magie du sable, qui semblait pourtant promis à un éclaircissement dans le tome précédent via le personnage de Kriss, ne fait qu’accentuer ce sentiment d’inachevé.

Le changement de dessinateur, dès le premier chapitre, apporte un style plus classique, mais aussi plus fade. Si le charadesign gagne en clarté, avec des personnages enfin bien distincts, la mise en page reste désespérément conventionnelle, les compositions manquant cruellement d’inspiration (contrairement aux tomes précédents !). Les vignettes quasi-strictement rectangulaires et les décors pauvres ne rendent pas hommage au potentiel visuel de l’univers.

Ce troisième tome apporte des conclusions aux arcs scénaristiques majeurs, mais laisse en suspens de nombreuses interrogations. Tout porte à croire que White Sand était pensé pour s’étendre au-delà de cette trilogie, un sentiment renforcé par la succession de trois dessinateurs différents en autant de tomes (ou par le niveau de détails inexploités de la carte géographique du « coté clair » de ce monde).

Plus structuré que son prédécesseur, cet ultime volume parvient à redresser légèrement la barre, mais masque difficilement son statut de projet inachevé. Une grosse déception pour moi ; j’y vois un galop d’essai sans éclat pour le jeune Brandon Sanderson qui gagna largement en maturité par la suite, dans ses romans.

Notes

Scenario : 3 / 10
Dessin : 5 / 10
Ambiance : 4 / 10
Note moyenne : 4 / 10

En savoir plus sur l'album...

Série : White Sand

Album : tome 3/3 : Tome 3
(Histoire liée au reste de la série)

Type de BD :

Editeur :

Parution : juin 2020

Lien : Site officiel

Taille : 160 pages

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